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La Démocratie n'est pas un vain mot mais tient en vingt lettres: libre opinion - libre parole !

Publié le vendredi 4 mai 2007

Vendredi 4 mai 2007

La Parole est à la Libre Opinion des Citoyennes et Citoyens A vos plumes !

Chronique hebdomadaire de Philippe Randa, écrivain
(www.philipperanda.com) et éditeur (www.dualpha.com)

Si on aurait su !

La satisfaction des sévères garde-chiourmes du politiquement correct
déborde dans tous les médias français, voir internationaux.
Quarante-huit heure après le débat Ségo-Sarko, la grande majorité du
monde médiatique salue la prestation des deux finalistes, la hauteur de
leurs échanges et le « retour » de la démocratie dans l’élection
présidentielle, celle-ci ayant été absente en 2002, comme on nous l’a
seriné cinq ans durant, pour cause d’irruption diabolique. Vade retro
Lepenas !
Quel débat, en effet !
L’une ou l’autre prendra dimanche soir la tête de l’État français et de
quoi nous ont-ils entretenus ? De faits-divers… ou de problèmes, pour
graves qu’ils soient, ne concernant à chaque fois qu’une petite frange
de la population française. Quelques mots à peine en fin de d’émission
sur les enjeux internationaux, pourtant domaine de prédilection – et
réservé ! – de l’Élysée…
Ce fut d’abord le viol d’une policière, quinze jours après celui d’une
de ses collègues. C’est abominable, mais les femmes dans la police
sont-elles davantage susceptibles d’être victimes d’un tel crime que
les autres Françaises ? Évidemment non, pourtant madame Royal entend
faire raccompagner chacune d’elle à son domicile après son service. Une
proposition ubuesque qui souleva à peine l’étonnement de Nicolas
Sarkozy, bredouillant quelques mots sur le coût d’une telle mesure.
Ce fut ensuite une bataille de chiffres assénés par l’une ou l’autre,
aussitôt contredits par l’autre ou l’une en attendant qu’ils soient
tous rectifiés le lendemain par des « spécialistes », distribuant à
Ségo ou à Sarko de bons ou de mauvais points…
Les deux prétendants à la Fonction suprême débattirent de la loi des 35
heures que Sarkozy juge, à l’entendre, catastrophique, mais qu’il ne
supprimera pas… et que Ségolène Royal considére pour sa part comme une
grande avancée sociale, mais concédant néanmoins qu’elles ont fait de
grands dégâts.
Ségolène Royal tenait à prouver qu’elle n’était pas Miss Nunuche,
qu’elle connaissait ses dossiers ou tout au moins était capable d’en
parler… Pour cela, le plus simple était de contredire tous les chiffres
qu’avançait son concurrent et d’en asséner d’autres qu’il contredisait
à son tour. Ce fut le thème du nucléaire dont il ressort que Nicolas
Sarkozy veut poursuivre l’utilisation, mais pas tant que ça finalement…
et que Ségolène Royal veut l’arrêter, mais pas si vite que ça tout de
même !
Nicolas Sarkozy, lui, tenait à prouver qu’il n’était pas l’agité
politique qu’on dit. Pour ce faire, il a surenchérit dans les aimables
formules de courtoisie vis-à-vis de sa rivale dont tout à chacun
pouvait bien voir qu’il n’en pensait pas un mot. Il a même tenté de
jouer la corde sensible en abordant le thème de la scolarité des
enfants handicapés. Ségolène lui vola aussitôt dans les plumes avec une
colère tellement préparée d’avance, tellement convenue, que son jeu
d’actrice n’aurait certes pas départi dans quelque chef-d’œuvre de Jean
Rollin(1).
Quarante-huit heures après ce débat, en écrivant ces lignes, je cherche
quels autres thèmes ont été abordés et j’ai du mal à me les remémorer…
Je cherche sur internet à me rafraîchir la mémoire… et ne trouve que
les commentaires des partisans de l’une ou de l’autre, les mêmes
d’ailleurs, tous bouffis d’auto-satisfaction pour leur pouliche ou
poulain.
Finalement, deux jours après cette passe d’armes nullissime, on ne
semble retenir que la morgue bravache de Ségolène Royal et l’attitude
mielleuse de Nicolas Sarkozy. Beau résultat ! Qui satisfait le monde
médiatique, soulagé que la destinée du pays soit confié à de tels
homoncules politiques… dimanche soir pour l’une ou l’autre… et sans
doute pour l’autre ou l’une dans cinq ans.
Je dois avouer tout de même que Ségo-Sarko ont au moins réussit un
exploit : leur prestation nous fait désormais amèrement regretter
Giscard, Mitterrand et même Chirac !
Et dire qu’on était si pressé de voir ces trois-là déguerpir de la
scène politique… Si on aurait su !

Note
(1) Je ne fais bien sûr pas allusion aux films « X » tournés par ce
réalisateur, mais à ses autres films quelque peu surprenants quant à la
maîtrise de la réalisation, le jeu subtil des acteurs, la profondeur
des dialogues, la qualité des décors, l’audace des scénarios : toutes
sortes de choses qui firent le bonheur de certains amateurs dans les
années 70 et 80 du siècle dernier.


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Fin du communiqué de Philippe. Merci Philippe de ta liberté de parole et d'opinion.

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